Les populistes de droite européens prennent leurs distances avec Trump après l'élection du Congrès et accusent avant tout la guerre en Iran
Bardella, Weidel, Salvini, Vannacci, Abascal et Farage expliquent la défaite des républicains par la guerre et le coût de la vie, l'AUR roumaine n'est pas de cet avis.
Les partis populistes de droite en Europe lisent l'élection du Congrès comme un avertissement, sans attaquer Trump directement. Le point de départ, ce sont des projections selon lesquelles les démocrates remportent le Sénat et la Chambre des représentants. Il n'y a pas encore de résultat officiel définitif.
L'agence de presse Reuters a recueilli des voix de plusieurs pays, publiées en espagnol sur Yahoo Noticias (13:35 CET). Selon elle, la plupart des chefs de parti évitent de critiquer ouvertement Trump et attribuent la défaite à la guerre en Iran et au coût de la vie :
- France : Jordan Bardella, président du Rassemblement National, affirme que l'intervention américaine en Iran a eu des conséquences très graves pour l'économie mondiale. Il ne cite pas Trump. Le pouvoir d'achat serait la priorité absolue.
- Allemagne : la cheffe de l'AfD, Alice Weidel, affirme que Trump avait promis une politique étrangère non interventionniste. Selon t-online (4 novembre, 10:26 CET), cette promesse non tenue se serait « retournée contre » les républicains. Les guerres en Iran et en Ukraine devraient prendre fin le plus rapidement possible.
- Italie : le chef de la Lega, Matteo Salvini, estime que l'élection a été dominée par les guerres, les tensions et le coût de la vie. Roberto Vannacci, chef du parti Futuro Nazionale, affirme que Trump n'a pas répondu aux attentes.
- Espagne : le chef de Vox, Santiago Abascal, dit que c'est la situation en Espagne qui l'intéresse, pas celle du Michigan.
- Royaume-Uni : selon Reuters, le chef de Reform UK, Nigel Farage, qualifie le résultat de « derrota total y absoluta » (défaite totale et absolue). La guerre et les prix du carburant auraient fait fuir les jeunes électeurs de Trump.
- Roumanie : Dan Dungaciu, du parti AUR, n'est pas de cet avis. Les informations sur la fin politique de Trump seraient très exagérées.
Le Guardian britannique, dans une analyse de son correspondant pour l'Europe Jon Henley, reprise par AOL (dernière mise à jour 14:52 CET), dresse un tableau similaire. La ligne de Trump sur la migration et les questions culturelles continuerait de recueillir l'adhésion de la droite européenne. Mais son comportement, ses droits de douane et son imprévisibilité deviendraient pour elle un fardeau auprès de ses propres électeurs. Abascal, dont le parti se présente aux élections en Espagne le 29 novembre, y est cité avec les mots « in Spain, not in Michigan » (en Espagne, pas dans le Michigan). La leçon de l'élection serait que les électeurs sous pression économique sanctionnent les sortants. Les partis du centre ne devraient pas en conclure que le danger populiste est écarté.
En Italie, le journal La Voce d'Italia (11:36 CET) décrit un écho partagé. Le camp de centre droit s'exprimerait avec plus de prudence sur Trump, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani (Forza Italia) considère la relation avec les États-Unis comme inchangée. Le camp de centre gauche autour de la cheffe du PD Elly Schlein lirait le résultat comme un modèle pour une alliance commune. Salvini y est cité avec « E invece i conflitti sono aumentati » (Au lieu de cela, les conflits se sont multipliés).
Ce sont les points de vue des responsables politiques et des médias respectifs. D'autres voix de l'étranger figurent dans les Dépêches, ce que le nouveau Congrès peut faire à partir de janvier, dans le déroulement.